Lorsque vous décrochez enfin cette voiture de vos rêves chez un concessionnaire, prête à être mise sur la route, une ligne sur le bon de commande vient souvent gâcher la fête : les fameux frais de mise à la route. Ces montants additionnels, qui varient généralement entre 300€ et 500€, alimentent régulièrement la controverse. Sous couvert d’une prestation indispensable, ils s’apparentent souvent à une surfacturation injustifiée, parfois même illégale, au détriment de l’acheteur. Que vous soyez novice ou habitué de l’achat voiture, il est indispensable de comprendre ce qui se cache derrière ces chiffres, pourquoi ils sont si opaques, et surtout comment déjouer les tactiques parfois douteuses des concessionnaires pour éviter les frais cachés et les mauvaises surprises.
Dans un contexte où le consommateur est de plus en plus vigilant, les pratiques commerciales trompeuses liées aux frais de mise à la route restent une véritable arnaque concessionnaire qui peut faire grimper la note au-delà du raisonnable. Vous allez découvrir qu’au-delà d’une simple ligne sur le devis, ces frais questionnent tout autant la transparence dans la vente automobile que la légitimité d’un coût supplémentaire qui n’a rien d’obligatoire.
Qu’est-ce que les frais de mise à la route et pourquoi questionner leur légitimité ?
Les frais de mise à la route représentent cet ensemble de prestations que le concessionnaire facture à part, censé couvrir tout ce qui transforme une voiture « en stock » en un véhicule prêt à rouler. Nettoyage approfondi, vérification des niveaux, contrôle technique sommaire, mise en marche des systèmes électroniques, pose des plaques d’immatriculation d’entrée de gamme, voire un plein de carburant, composent habituellement ce pack. Pourtant, dans la pratique, la frontière entre véritables services et tentatives de gonfler la facture de façon abusive est mince.
Pour comprendre l’ampleur du problème, il faut d’abord bien différencier les frais de mise à la route des frais d’immatriculation. Les seconds sont réglementés et correspondent aux taxes officielles nécessaires à l’obtention de la carte grise, souvent aux alentours de 250 à 400 euros selon la région. À contrario, les frais de mise à la route sont libres, sans cadre strict régissant leurs tarifs, laissant les mains libres aux concessionnaires pour appliquer un prix illégal sous couvert de prestations diverses.
Concrètement, pourquoi ces frais peuvent-ils être qualifiés d’illégaux ? Parce que l’arrêté du 28 juin 2000 précise que le prix annoncé au client doit comprendre tous les frais obligatoires liés à la préparation du véhicule. Or, il arrive que certains concessionnaires ajoutent des frais de mise à la route sur le bon de commande alors qu’ils devraient déjà être compris dans le prix initial affiché. Pire, ces frais sont parfois facturés à double, ou gonflés artificiellement par des prestations fictives ou facultatives présentées comme indispensables.
Un exemple parlant : facturer 390 € de mise à la route, 250 € de frais administratifs et 40 € de carburant – alors que ce dernier seul peut être justifié, surtout pour un véhicule thermique. Pour un véhicule électrique, invoquer un plein de carburant est une vraie arnaque mécanique… Voilà comment opèrent certaines concessions peu scrupuleuses, en mettant en avant des pratiques commerciales trompeuses qui déjouent la vigilance du client.
Composition détaillée des frais de mise à la route : réel service ou source d’abus ?
Les frais de mise à la route regroupent plusieurs types de coûts facturés par le concessionnaire. Il est utile de les analyser un par un pour comprendre lesquels sont justifiés et lesquels relèvent de la surfacturation.
Les principales composantes facturées
- Préparation du véhicule : lavage, décontamination extérieure et intérieure, contrôle des niveaux de liquides, vérification des fonctions électroniques (climatisation, systèmes d’aide à la conduite).
- Contrôle technique basique : vérification de la pression des pneus, état des freins, éclairage, fonctionnement des essuie-glaces.
- Livraison et remise des clés : explication des fonctions au client, présentation sommaire.
- Démarches administratives : préparation des documents pour l’immatriculation, coordination avec les services de carte grise.
- Consommables : ajout du carburant (environ 5 litres), produits de nettoyage, parfois petites pièces comme les visières de plaques minéralogiques.
Les coûts de main-d’œuvre liés à ces opérations varient en fonction du temps passé par des techniciens qualifiés, souvent entre 2 et 4 heures, multipliées par le taux horaire pratiqué. Au final, les frais de structure (bail, assurance, formation du personnel) viennent aussi impacter le montant. Mais dans la réalité, beaucoup de ces prestations sont déjà comprises dans le prix du véhicule neuf.
En revanche, des suppléments tels que le kit ampoules, le gravage des vitres, ou des protections spécifiques sont optionnels et ne devraient jamais établir un coût supplémentaire obligatoire. Prenez garde aux concessionnaires qui ajoutent ces lignes sans proposer un véritable choix. Pour les voitures d’occasion, la prestation se concentre souvent sur la remise en état esthétique et les contrôles de sécurité, donc les tarifs sont généralement plus bas et clairement identifiables.
Quel budget prévoir en 2026 pour les frais de mise à la route en fonction de votre véhicule ?
Le montant des frais de mise à la route dépend en grande partie du type de véhicule ainsi que de la réputation et politique commerciale du concessionnaire. Voici un tableau explicatif pour mieux comprendre cette disparité :
| Catégorie de véhicule | Montant moyen | Prestations incluses |
|---|---|---|
| Citadine neuve | 300 – 500 € | Préparation standard, contrôles basiques |
| Berline ou SUV neuf | 500 – 800 € | Préparation complète, systèmes électroniques avancés |
| Véhicule premium (Mercedes, BMW, Audi…) | 800 – 1200 € | Service haut de gamme, livraison personnalisée |
| Véhicule d’occasion | 200 – 400 € | Remise en état esthétique, contrôles de sécurité |
Les concessionnaires des marques premium affichent souvent des frais plus élevés, justifiés par un service plus personnalisé et un souci du détail supérieur, du moins en théorie. En revanche, dans le réseau généraliste, ces frais sont plus modérés, avec parfois des forfaits identiques pour toute la gamme, quels que soient les besoins réels. J’ai moi-même constaté, lors d’un achat récent, un écart de plus de 300 euros entre deux devis pour des services de préparation quasiment équivalents chez des concessionnaires voisins.
Ce simple fait illustre bien comment la surfacturation peut s’immiscer simplement sous couvert d’un service nécessaire, obligeant le client à jeter un œil très attentif sur ces coûts et à ne surtout pas accepter les devis sans explications précises.
Se battre contre les frais de mise à la route : négociation et alternatives pour ne pas se faire avoir
Bonne nouvelle pour les consommateurs aguerris : les frais de mise à la route ne sont pas une fatalité. Il est tout à fait possible de négocier leur montant avec le concessionnaire. Ce dernier vous mettra peut-être sous pression en affirmant que ces frais sont incompressibles, mais ce n’est qu’un argument commercial. Voici mes meilleures techniques pour défendre votre pouvoir d’achat et gagner du terrain lors de la négociation :
Stratégies efficaces pour négocier les frais de mise à la route
- Aborder le sujet au bon moment : attendez d’avoir convenu du prix du véhicule pour discuter des frais. C’est au moment de signer le bon de commande qu’il faut revoir ces postes avec sérieux.
- Demander un devis détaillé : exigez la liste précise des prestations incluses dans ces frais. Un concessionnaire transparent ne rechignera pas à vous les fournir.
- Faire jouer la concurrence : munissez-vous de devis d’autres garages ou concessions pour mettre la pression.
- Proposer une remise globale : plutôt que de discuter ligne par ligne, engagez la négociation sur un tout compris attractif.
- Penser aux alternatives : certains établissements acceptent de remplacer ces frais par des extensions de garantie, packs entretien, ou même les intégrer dans un financement à taux fixe.
Ne vous laissez pas intimider par une ventilation des frais soi-disant poussiéreuse. Vous avez tout à fait le droit de refuser des prestations inutiles ou trop chères, cela ne doit en aucun cas bloquer votre projet de achat voiture. Enfin, restez vigilant face aux frais injustifiés et sachez qu’il existe toujours des leviers pour faire pencher la balance en votre faveur.
Identifier les arnaques concessionnaire et réduire l’impact des frais cachés sur votre portefeuille
Malheureusement, certains professionnels peu scrupuleux pratiquent encore des tarifs qui frisent l’illégalité, profitant d’un manque d’information des clients. Ces pratiques commerciales trompeuses peuvent se traduire par :
- Montants excessifs indiscriminés sans rapport avec la nature du véhicule ou sa valeur.
- Absence de détail sur le bon de commande quant aux prestations comprises dans les frais de mise à la route.
- Refus catégorique de négocier ou de détailler les charges supplémentaires.
- Frais uniformes appliqués quels que soient les modèles – preuve que c’est un tarif arbitraire.
Face à ces méthodes, plusieurs solutions existent pour se prémunir :
- Exiger un devis écrit précis dès la première visite.
- Comparer avec d’autres offres pour repérer les écarts injustifiés.
- Refuser les prestations optionnelles qui sont vendues comme obligatoires.
- Consulter les recours possibles comme la médiation automobile ou saisir la DGCCRF si nécessaire.
Pour faire des économies plus larges sur votre budget automobile, intéressez-vous aussi à d’autres leviers comme le choix des équipements. Par exemple, connaître les avantages et inconvénients des pneus 4 saisons ou anticiper les hausses de prix sur les péages autoroutiers peut vous faire gagner sur d’autres postes budgétaires. De même, en connaissant les risques liés à certains achats, par exemple les pièces d’occasion, vous évitez des dépenses supplémentaires imprévues, complétant ainsi votre démarche d’optimisation sur l’ensemble du cycle automobile.